Savonnettes : Le choix du "Made in fenua"

Savonnettes: Le choix du "Made in Fenua"
By Teiki DUBOIS, le 08.07.16, 20h45


Il y a quelques années, étant devenu papa, je me suis intéressé de plus près à la composition des produits que nous utilisons au quotidien.

Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous une petite réflexion sur un produit que nous utilisons tous, plus d’une fois par jour,… la savonnette.

N’étant pas fin connaisseur en la matière, j’ai toujours eu pour habitude de prendre, plus au moins par hasard ma savonnette. Mon choix se porte machinalement sur celle qui présente le meilleur rapport entre emballage sympathique et premier prix. Après tout, un savon est un savon !
En me penchant un jour sur la composition des différentes marques présentes en rayonnage, autour du même prix, je note que le premier élément présent dans toutes les savonnettes est le « sodium tallowate ». En rentrant à la maison je me pose devant mon ordinateur pour faire une recherche sur cet ingrédient. La définition que j’ai trouvé m’a laissé bouche bée. « Le tallowate de sodium est un sel de suif (c'est-à-dire issu de la graisse de bœuf, de mouton ou de porc) saponifié (transformé chimiquement pour fabriquer du savon). »  Quel choc ! 


En surfant sur le net, je suis tombé sur un reportage de Canal+ (« Spécial Investigation » : produits du terroir, pièges et attrape-gogos) : « Le fameux savon de Marseille, majoritairement fabriqué en Tunisie et dans les pays de l'Est, regorge non pas d'huile d'olive mais de suif fait à base de carcasses de bétail dont même l'équarrisseur n'ose avouer la provenance ».

En continuant mes recherches, je me rends compte que ce sujet a déjà été traité, notamment pas des citoyens lambda, comme moi, et qui se sentent également trompé par le produit.
Ne trouvant pas cela très « propre » je décide donc de chercher des savonnettes n’incorporant pas de « sodium tallowatte », afin de ne pas me doucher avec de la graisse de carcasse bovine… 

Je tombe alors sur une autre catégorie de savon. Ceux-ci sont faits uniquement à base de « sodium plamate », « sodium palm kernelate » et autres ingrédients… (Il est vrai qu’avec l’huile de palme se pose également la question sur la déforestation et le sort des grands singes), il s’agit donc de produits d’origine végétale…
Mais se pose surtout le problème du prix. Ces savons sont vendus, chez nous, en grande surface, mais à un prix trois fois supérieur aux savons « grande consommation ».

Hum ! Me voilà donc piégé par mon raisonnement et contraint à payer ma petite savonnette le triple de son prix, afin de ne pas me badigeonner de graisse animale…

N’y a-t-il donc aucune autre alternative ?

C’est en changeant de rayon que j’ai trouvé des éléments de réponse.
En effet, en arrivant au rayon des produits « made in fenua », en prenant mes bouteilles de monoï, indispensables pour masser mon fils, je m’arrête sur les savonnettes locales.
En observant la composition de celles-ci, je me rends compte qu’elles n’intègrent pas de « sodium tallowate », mais du « sodium plamate » et surtout du « sodium cocoate » (à partir d’huile de coco !). En retirant les savonnettes de leurs emballages, et en les humant, je me retrouve immédiatement transporté vers le temps des vacances. Pour couronner le tout, le prix de nos savonnettes est équivalent au premier prix des savonnettes importées et à base de carcasses bovines !
Le choix est donc vite fait.
Depuis, je n’utilise plus que les savonnettes locales, au doux parfum de « Tiare Tahiti », de coco, de vanille, ou encore de Ylang Ylang…

Si j’ai décidé de partager cette réflexion, ce n’est pas pour vous parler de mes choix, mais surtout parce que, lorsque j’en ai discuté autour de moi, la plupart des personnes ne savaient pas non-plus, que leurs savonnettes étaient composées d’une graisse d’origine animale. Toutes ont souhaité savoir s’il existait des savonnettes « végétales ». Voici donc la réponse que j’apporte aux personnes qui veulent se savonner différemment…. "Made in Fenua"

Enfin je rajoute aussi que je souhaite partager cette information, parce que je me dis que, si chacun de nous se mettait à utiliser des savonnettes locales, en lieu et place des savonnettes importées, peut être pourrions-nous augmenter considérablement le volume d’huile de coco nécessaire à sa fabrication et ainsi, redynamiser le secteur primaire, et notamment la filaire du coprah, de nos îles ! 
Cela permettrait aussi de diminuer le volume d’une case « importation », ce qui ne ferait pas de mal à notre économie. 

Alors bien sûr, il ne s’agit que d’une goutte d’eau, mais ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières (Ovide)…

C’est aussi cela aimer son pays...


6 commentaires:

  1. Bonsoir, pour ma part s'est suite à des problèmes de peau que je me suis mise à tester different type de savons sans pour autant comme vous faire attention à leur composition... J'ai utilisé de toute sorte jusqu'à ceux vendue en pharmacie sans savons qui coûtent un bras... Jusqu'à ce que je trouve un importer de fabrication naturelle... Mais difficile à trouver localement...un jour au cours d'un salon made in Fenua je tombe sur le stand de savons et monoi avec des prix plus qu'abordable savons avec des vertus exfoliantes...depuis que je les utilise plus de problèmes de peau que même les médecins n'avaient pas réussi à soigner

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Franck pour ton partage. Nos produits locaux sont d'une réelle richesse pour notre santé...

      Supprimer
  2. Trop fort ce Teiki !
    Excellent analyse mon ami !
    J'adhère !

    RépondreSupprimer
  3. Salut Teiki, enseignant en sc physiques j'apprends chaque année à mes collégiens de 3eme comment fabriquer du savon à base d'huile végétale et de cendre de bois. Je leur apprends aussi qu'historiquement c'est avec du suif que les hommes ont inventé les premiers savons. Il n'y a pas de problème avec ça en terme chimique par contre je te rejoins sur le mode d'obtention de ces graisses et de leur impact sur la vie de nos chère bêtes ! Le cocosulfate qui vient remplacer aujourd'hui l'huile vierge de coco n'est pas une bonne alternative non plus. Certes ça apporte une texture plus intéressante et un coup moindre mais c'est sans commune mesure avec de l'huile végétale vierge obtenue par pression et bio qui plus est. La chimie a permis des avancées mais pas sans mal. Les réactifs actuels issus du pétrole sont à l'étude et demontrent des effets cancérigènes ! Aie ! Un savon avec de la cendre de bois et de l'huile végétale, c'est simple c'est bio et c'est à la portée de tous ici au fenua ! Ne nous laissons pas avoir par le packaging et le matraquage marketing quotidien afin d'acheter tous ces savons colorés capables de mais surtout dangereux a long terme ! Voilà ! Apprenons pour choisir mieux !��

    RépondreSupprimer
  4. Merci pour l'information !!!! VIVE les produits Made in Fenua

    RépondreSupprimer